Pour cette lettre S du ChallengeAZ 2024, partons sur les traces d’un certain Lazare Salam. Et pour une fois, c’est un séfarade, un vrai ! Car il faut le reconnaître, la grande majorité des près de 3 000 soldats juifs trouvés dans mes recherches dans les armées de Napoléon viennent de l’Est (Est de la France, vallée rhénane, …) autrement dit ashkénazes. Une petite part vient de la communauté dite portugaise, ayant fui de la péninsule ibérique pour se réfugier pour beaucoup dans le sud Ouest de la France ou à Amsterdam.
Mais des juifs d’Afrique du nord venus se battre dans les armées de Napoléon, il n’y en eut guère. Et c’est bien normal puisque ces territoires n’étaient absolument pas français à l’époque. Et pourtant… J’ignore la raison de sa présence sous les drapeaux, mais Lazare Salam nous vient de Tunis, « en Barbarie », né en 1772 fils de Raphael et de Sara. Voilà qui remettra un peu de baume au coeur des séfarades qui ont pu se sentir un peu mis à l’écart de cette série sur les soldats juifs de Napoléon !

(SHD/GR 21 YC 113)
Arrivé au corps le 10 nivôse an 8 (31 décembre 1799 !), il passe grenadier le 11 messidor an 9. Il a fait les campagnes des ans 8 et 9 en Italie, an 10 à l’armée d’observation du midi, passé au bataillon d’élite en 1803. Bataillon d’élite ? « La compagnie d’élite la plus fréquente, est la compagnie de grenadiers. Ce sont des fantassins à la stature et à l’expérience au combat supérieures à la moyenne, et qui apportent au reste du bataillon leur appui physique et surtout moral. » (dixit Napoleon Series).
Lazare est l’armée des côtes de l’océan en 1804 avant de partir avec la grande Armée en 1805. Son régiment combat à Austerlitz et Lazare Salam est peut-être le seul séfarade a y avoir combattu. Rentré du bataillon d’élite le mois suivant, le 21 janvier 1806, il est ensuite rayé pour longue absence le 24/12/1806. Jamais bon signe que ces longues absences, en tout cas c’est là que je perds sa trace. Puisse ce Salam avec son nom prédestiné avoir réussi à trouvé la paix hors des champs de bataille.

(© Musée de l’Image – Ville d’Épinal / cliché H. Rouyer)
En effet sa présence intrigue ! Pourquoi être venu combattre aux côtés de Napoléon ?
pas du tout frustrée d’être à l’écart de ces horreurs